Faut-il garder les yeux ouverts ou fermés pendant la pratique ?
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Nous reconnaissons qu'un aspect crucial de la pratique du qigong consiste à entrer dans un état de tranquillité, où la conscience passe d'un état de veille ordinaire à un état proche du sommeil profond. Nous comprenons en outre que l'état de veille et d'éveil du cerveau sont maintenus par des impulsions neuronales générées et transmises par les organes sensoriels en réponse à divers stimuli internes et externes. Par conséquent, pour atteindre cet état de tranquillité du qigong, il est nécessaire de prendre des mesures pour réduire ou bloquer ces stimuli, c'est-à-dire minimiser les informations sensorielles transmises aux organes du corps.
La psychologie et la physiologie classent les sensations en deux types principaux : internes et externes. Les sensations internes concernent les stimuli provenant de l'intérieur du corps, reflétant la position corporelle, les mouvements et l'état des organes internes. Il s'agit par exemple des sensations kinesthésiques, vestibulaires et viscérales.Dans l'approche diagnostique de l'insomnie en médecine traditionnelle chinoise, le dicton « Quand l'estomac est perturbé, le sommeil est perturbé » décrit essentiellement les sensations viscérales (estomac) excessives qui transmettent continuellement des impulsions nerveuses au cerveau. Cela maintient l'excitation cérébrale, entraînant l'insomnie.De plus, la relaxation délibérée des muscles pendant la pratique du qigong, ainsi que le relâchement naturel des muscles lorsque l'on est allongé dans son lit, réduisent les impulsions nerveuses envoyées par les muscles (fuseaux musculaires) au cerveau. Cela diminue l'excitabilité cérébrale, facilitant ainsi la tranquillité ou le sommeil. Les sensations externes concernent les stimuli provenant de l'environnement extérieur, reflétant les propriétés des objets externes par la vue, l'ouïe, l'odorat, le goût et le toucher.Pour atteindre la tranquillité ou le sommeil, il faut réduire les stimuli sensoriels internes et externes. Une personne dont les fonctions viscérales sont normales, placée dans une pièce sombre, dépourvue de stimuli sonores, olfactifs ou alimentaires (bloquant ainsi les sensations viscérales, motrices et d'équilibre), entrera rapidement dans un état de sommeil. À l'inverse, si toutes les autres conditions restent inchangées mais qu'un seul sens reçoit une stimulation suffisante, comme des picotements cutanés, divers sons ou des images visuelles,il serait impossible d'atteindre la tranquillité ou le sommeil. La compréhension de ce principe permet de déterminer s'il faut pratiquer les yeux ouverts ou fermés. Il est essentiel de souligner qu'environ 80 % des informations reçues lors de l'interaction humaine avec le monde extérieur sont transmises au cerveau par la voie visuelle. Il est donc essentiel de fermer les yeux pour bloquer ces stimuli sensoriels afin d'atteindre une tranquillité efficace.
Bien sûr, la pratique consistant à garder les yeux ouverts ou fermés pendant la cultivation n'est pas absolue ; elle peut être ajustée en fonction des besoins pratiques. Par exemple, un débutant qui apprend des mouvements spécifiques auprès d'un instructeur de qigong en personne doit garder les yeux ouverts, tandis que pendant la pratique indépendante, les yeux doivent être fermés. Lorsqu'ils pratiquent seuls, les débutants doivent fréquemment ouvrir les yeux ou utiliser un miroir pour corriger en permanence leurs mouvements afin d'en garantir la précision.Une fois que les mouvements sont précis et maîtrisés, il est possible de pratiquer les yeux fermés ; lorsque les mouvements sont maîtrisés avec aisance, il est alors possible d'ouvrir les yeux ou de les entrouvrir si nécessaire, en se laissant guider par les sensations ressenties pendant la pratique. D'une manière générale, lors d'une pratique solitaire axée sur la cultivation interne, il est possible de fermer les yeux et de garder l'esprit concentré ; lors d'une représentation devant un public, où l'apparence extérieure est primordiale, les yeux doivent rester ouverts.Pour les pratiques statiques ou les exercices dynamiques stationnaires, il est normal de fermer les yeux. Pendant les pratiques de marche, il est préférable d'ouvrir les yeux. En fin de compte, il faut s'adapter aux circonstances sans s'en tenir rigoureusement à une règle. De plus, lorsque vous fermez les yeux, évitez de forcer ; laissez simplement les paupières se fermer doucement.
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