Les aliments sucrés apportent-ils le bonheur ? En réalité, ils augmentent le risque de dépression
 Encyclopedic 
 PRE       NEXT 
Vous vous sentez déprimé ? Prenez une tarte au chocolat, des macarons ou buvez simplement une canette de « happy fizzy pop » (terme familier désignant le cola). Beaucoup croient fermement que si la sucréité comporte des risques de prise de poids, elle procure un bonheur instantané. Mais la vérité est tout autre. Après un bref moment de plaisir, la sucréité replonge souvent dans le découragement et la mélancolie. Avec le temps, ce cycle peut même s'intensifier.
Une méta-analyse d'études observationnelles suggère qu'une consommation accrue de boissons sucrées peut augmenter le risque de dépression. Cela ne signifie pas qu'il faille s'abstenir complètement de boire des boissons riches en sucre comme le cola. Les données indiquent qu'un effet significatif ne se produit que lorsque l'on consomme plus de deux petites portions par jour ; boire trois canettes de cola par jour augmente le risque de dépression de 25 %.En analysant spécifiquement la consommation de sucre, une consommation inférieure à 15 g n'a montré aucun lien avec le risque de dépression. Cependant, entre 15 g et 100 g, le risque relatif de dépression augmentait avec l'augmentation de la consommation.Cette conclusion suggère que la consommation d'une seule portion de yaourt ne présente aucun motif d'inquiétude. Sur la base d'une teneur en glucides de 12 %, 100 g de yaourt ne contiennent que 7,5 g de sucres ajoutés, tandis que 200 g en contiennent 15 g.
Des chercheurs japonais, dans le cadre d'une étude de cohorte de trois ans portant sur près d'un millier de participants, ont constaté que les personnes consommant quotidiennement davantage de boissons sucrées étaient effectivement exposées à un risque accru de dépression. Après avoir pris en compte des facteurs tels que l'âge, le sexe et la région, les personnes consommant quatre boissons sucrées ou plus par jour présentaient un risque 90 % plus élevé de développer des symptômes dépressifs que celles consommant moins d'une boisson par semaine.Après avoir pris en compte le statut socio-économique et les scores de dépression de base, les consommateurs de boissons sucrées les plus élevés par rapport aux plus faibles présentaient toujours un risque accru de 68 %. En comparant les personnes ayant obtenu un score supérieur à 19 sur l'échelle de dépression plutôt que celles présentant simplement des symptômes, l'écart s'est considérablement creusé : les consommateurs les plus élevés présentaient un risque 162 % plus élevé que les plus faibles.
On pourrait se demander : boire des boissons sucrées et manger des sucreries me rend effectivement heureux – le lien de causalité pourrait-il être inversé ? Peut-être que ce sont les personnes déprimées qui ont davantage envie de sucreries et de boissons sucrées, plutôt que leur consommation qui conduit à la dépression ?
Tout d'abord, lorsque les chercheurs japonais ont lancé cette étude, ils ont interrogé près d'un millier de participants sur leurs symptômes dépressifs, confirmant qu'aucun d'entre eux n'appartenait à la catégorie des personnes gravement déprimées.Au cours des trois années suivantes, les participants ont reçu pour instruction de maintenir leurs habitudes alimentaires habituelles sans intervention. Les chercheurs ont mené des enquêtes périodiques et analysé les données. Après trois ans d'observation, les symptômes de dépression et les scores des questionnaires ont été réévalués. Les résultats ont révélé que les personnes consommant les plus grandes quantités de boissons sucrées présentaient l'augmentation la plus significative des scores de dépression.
Deuxièmement, les effets immédiats d'un aliment peuvent différer de son impact à long terme. Pour les gourmands, la consommation d'aliments et de boissons sucrés procure en effet une satisfaction immédiate. En effet, la consommation de sucre augmente les niveaux de sérotonine et de dopamine, ce qui améliore temporairement l'humeur. Cependant, la recherche met en évidence les effets à long terme de la consommation d'aliments et de boissons sucrés. Un aliment qui vous procure du plaisir sur le moment ne contribue pas nécessairement à prévenir la dépression.Les sucreries peuvent être considérées comme un anesthésiant temporaire. À long terme, elles diminuent la capacité du corps à faire face au stress et réduisent la capacité de régulation du système nerveux, ce qui nuit à la prévention de la dépression.Pourquoi les boissons sucrées favoriseraient-elles la dépression ? Les chercheurs suggèrent deux mécanismes : premièrement, des études sur des animaux indiquent qu'une consommation élevée de sucres ajoutés augmente l'anxiété et les comportements dépressifs, parallèlement à une élévation du taux de cortisol. Chez les animaux en développement notamment, une consommation importante de sucre perturbe la maturation de l'axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien, altérant la régulation du stress et augmentant le risque de dépression.D'autre part, les boissons sucrées favorisent l'obésité, qui diminue intrinsèquement la capacité du corps à réguler le stress. Le lien entre l'obésité et le risque de dépression a été confirmé par de nombreuses études. De plus, les boissons sucrées peuvent provoquer des troubles du métabolisme du glucose et une résistance à l'insuline. Ces perturbations métaboliques induisent des réponses inflammatoires légères mais persistantes, et la libération de certains facteurs inflammatoires augmente elle-même le risque de dépression.Des études menées sur des animaux ont également révélé qu'une alimentation prolongée riche en sucres ajoutés réduit les récepteurs 1A de la sérotonine sur les cellules dendritiques. Cette réduction perturbe le contrôle rétroactif de la synthèse et de la libération de sérotonine dans l'hypothalamus, diminuant ainsi la résilience au stress. Ce mécanisme est crucial pour la prévention de la dépression.
Un autre facteur contributif est que les boissons sucrées épuisent les réserves de vitamines B de l'organisme. Les carences en vitamines B1, B6 et niacine peuvent altérer le fonctionnement du système nerveux et l'équilibre des neurotransmetteurs, augmentant ainsi le risque de dépression. Par conséquent, le maintien d'une alimentation équilibrée sur le plan nutritionnel reste essentiel pour éviter la dépression.
 PRE       NEXT 

rvvrgroup.com©2017-2026 All Rights Reserved